Un anniversaire spécial

Publié le par Jenny

Il y a 3 ans de cela, nous franchissions l'une des étapes des plus importantes du livre de notre vie. Le 5 février 2011, c'est ce jour-là qu'a commencé notre expérience d'expatriés ("globe-trotteurs" serait plus approprié), avec comme point de départ, le Brésil.

Il y a 3 ans de cela, nous bouclions nos bagages pour une expérience d'un an au Brésil, bagages dans lesquels nous ne savions pas quoi mettre... C'est vrai ça, avec quoi partir lorsqu'on va travailler pendant un an dans un pays tropical qu'on ne connait qu'au travers de magazines et de reportages TV qui font peur ?? Maillots et claquettes, ok, mais pas très adéquats pour le travail. Fait-il trop chaud ? Fait-il frais par moments ? Mon manteau me sera-t-il utile ? Et si j'achète sur place, vais-je trouver à mon goût ? Est-ce que j'emmène mes objets de déco préférés ? Nan, ça n'est résolument pas simple de faire des bagages pour une année...

Un anniversaire spécial

Il y a 3 ans de cela, nous étions à l'aéroport à attendre de monter dans cet avion pour le Brésil. Nous étions à la fois excités, impatients, mais aussi pleins de doutes et de craintes. Les médias nous avaient donné l'image d'un pays ultra violent et dangereux, et forcément, nous n'y étions pas insensibles, sans parler des inquiétudes de nos proches.

Il y a 3 ans de cela, nous savions que nous nous apprêtions à vivre une expérience unique, mais nous ne nous doutions pas qu'elle allait transformer à ce point nos vies...

Depuis 3 ans, chaque jour que nous vivons, d'abord au Brésil, puis en Australie, et maintenant au Portugal (et même au cours de nos passages en France!), est un jour plein de promesses en terme de découverte. Chaque jour passé nous fait découvrir des points de culture différents, des attitudes, des paysages, des lieux... et chaque jour nous enseigne quelque chose. Nous sortons grandis de ces 3 ans. Nos aspirations et nos priorités ont changé. Notre vision du monde a changé. NOUS avons changé... Nous avons aussi pris conscience de la chance que nous avons d'être nés en France et d'y avoir grandi (je tiens à préciser que ce n'est pas parce qu'on part de France qu'on ne l'aime pas, c'est simplement qu'on va voir ailleurs ce qu'il se passe), et nous avons appris à apprécier chacun des instants que nous vivons...

En 3 ans, nous avons considérablement multiplié les voyages. Pas faute de détester l'avion pourtant, mais la soif de découverte est devenue trop grande pour que ma peur de l'avion cesse de me faire voyager. Le voyage est une drogue, on me l'a toujours dit, et je comprends maintenant pourquoi...

En 3 ans, nous sommes aussi passés par de nombreuses difficultés de tous genres, mais elles ne font pas le poids à côté de toutes les choses merveilleuses que nous avons vécues, et surtout, nous avons su tirer des leçons de chacune de nos mauvaises expériences, quelles qu'elles soient, et ça, c'est positif.

Ce 5 février 2011, dans nos têtes, nous partions pour un an et allions revenir après, point. La réalité est toute autre ! Quand on part pour travailler à l'étranger (ou pour vivre une expérience longue durée), même si on est en possession d'un aller retour ou qu'on a une date buttoir, on ne sait finalement jamais quand aura lieu le retour, du moins, le retour de notre coeur. On fait des rencontres, des opportunités auxquelles nous n'aurions pas pensé naissent de ces rencontres, on découvre un pays, un peuple, une culture auxquels on s'attache. D'une certaine façon, on donne un peu de son coeur à ce nouveau pays... La veille de notre retour "définitif" du Brésil, un commerçant m'a dit que si j'avais aimé le Brésil, c'est que j'y laissais une partie de mon coeur, et que tôt ou tard, il faudrait revenir la chercher. Je crois que même si c'est très imagé, c'est très vrai, et c'est applicable pour n'importe quel pays dans lequel on a vécu et qu'on a particulièrement aimé.

Si je devais faire un bilan de ces 3 dernières années, je dirais qu'il est très positif, et je referais tout pareil si c'était à refaire.

Non, je n'ai certainement pas la vie que mes parents rêvaient que j'aie. Non, je n'ai pas encore d'enfants à bientôt 30 ans. Non, je ne suis pas prête d'avoir un salaire à 4 zero... Mais ce sont des choix de vie et ce sont les nôtres, ceux qui nous conviennent pour l'instant et ceux qui font que nous vivons une vie qui nous intéresse !

De tous ces moments passés depuis ce 5 février 2011, qu'est ce qu'on retient ? Il est vrai qu'au travers de mes différents blogs, tu as pu avoir l'impression qu'à part être en vacances à temps complet, on ne faisait pas grand chose... Si tu me connais, tu sais que je ne vois pas l'intérêt de parler de travail sur un blog, et surtout, je suis convaincue que des récits de voyages insolites avec des photos de lieux paradisiaques intéressent bien plus que des récits d'une journée de routine professionnelle avec des photos de..... bureau ! Bref... Aujourd'hui, et même si c'était le sujet le plus récurrent sur tous mes blogs, ce ne sont pas ces voyages paradisiaques que je retiens le plus, mais plutôt des choses qui ont remué des émotions profondes...

Je n'oublierai jamais ce gamin à Salvador de Bahia, très sale et d'une extrême maigreur, qui nous a suppliés de lui acheter une boîte de lait dans une pharmacie pour qu'il se nourrisse. Nous lui avons acheté sa boîte, mais ayant bien compris que le lait devait être pour un petit bébé de sa famille, nous lui avons aussi pris des gâteaux et une boisson, pour lui. Nous avions à peine payé que le gamin s'est jeté assis devant la pharmacie pour dévorer les biscuits, en nous glissant un petit "obrigado" (merci), mais surtout, en nous lançant un regard plein d'émotions et de reconnaissance, et une étincelle d'innocence touchante, innocence qu'il devrait connaître à temps complet, comme tous les enfants de ce monde. Là, ce n'était plus un jeune garçon apeuré et responsable d'aller mendier pour sa famille qu'on voyait, mais c'était un petit garçon "heureux" de savourer des douceurs auxquelles il n'avait certainement pas eu droit depuis très longtemps, voire jamais eu droit ... Ca, ce regard-là, je ne l'oublierai jamais, et j'en ai les larmes aux yeux de repenser à lui.

Des moments comme celui-ci, il y en a eu d'autres, et idem, ils resteront marqués à jamais, plus que les baignades en eaux turquoises et chaudes en sirotant un cocktail !

Les liens très forts que nous avons tissés avec certaines personnes resteront aussi dans nos coeurs et nos esprits (NB : je ne parle ici que des liens tissés au cours de ces 3 années ; nous n'oublions bien évidemment pas nos proches de France et d'ailleurs, que nous avons toujours autant de plaisir à voir quand cela est possible...). Même si aujourd'hui, certains liens ont disparu pour diverses raisons, les moments passés avec ces personnes, ces moments de partage, de joie, le soutien mutuel qui existait, tout ça reste ancré, et constituera à jamais une page importante de l'histoire de notre vie.

Nous espérons continuer de vivre nos vies aussi intensément que nous l'avons fait ces 3 années passées, et heureusement, ça ne tient qu'à nous :-)

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Dominique 06/02/2014 03:47

Ne change rien à ta vie. On n'oublie jamais ce qu'on a vécu, les rencontres, les émotions, les partages.... Il te reste de nombreuses années pour de nouvelles découvertes.
Merci pour ton blog et tes sentiments partagés.

Jenzinha 06/02/2014 19:00

Muito obrigada !

Xaral 06/02/2014 16:14

Quel beau récit!
É isso a felicidade. Parabens pela tua simplicidade e grande riqueza interior.
Continua o teu bom trabalho.

Jenzinha 06/02/2014 09:00

Merci :-)