Partir et revenir

Publié le par Jenny

Voilà un peu plus d'un an (1 an et 2 jours pour être exacte) que nous habitons au Portugal. Je l'ai toujours dit mais je le redis encore : le temps passe troooooop vite... et c'est une excellente raison pour profiter de chaque instant. C'est précisément ce que j'ai fait cette année passée, ce qui m'a permis de partager avec toi autant de découvertes.

Pour ce bloganniversaire (moui, j'invente des mots de temps en temps...), l'heure du bilan est arrivée, bilan qui s'impose de lui-même du fait de retourner quelques jours en France pour des vacances.

Aller vivre à l'étranger, c’est une expérience géniale, ce n'est surtout pas moi qui vais dire le contraire. Certes, la France a de nombreux avantages et c'est un très beau pays, offrant une grande diversité en termes de climat, de paysages et de gastronomie ; je suis pour ma part très fière d’être née et d’avoir grandi en France. Mais c’est aussi génial de pouvoir voir ailleurs comment ça se passe, découvrir une autre culture, apprendre et/ou pratiquer une langue étrangère, etc.

Toutefois, quand on part de France, il faut s'attendre à vivre certaines choses pas toujours joyeuses :

- certaines amitiés peuvent ne pas tenir la distance, malgré Internet et toutes les possibilités qu’il offre pour communiquer à distance.

- tu ne peux pas être présent(e) à tous les événements de tes proches restés en France.

- tu te prends forcément des reproches sur ton choix d'avoir quitté la France et sur ta nouvelle vie : tout le monde n’acquiesce pas forcément tes choix et on te le fait savoir, mais pire encore, certains te jalousent et c’est plus facile pour quelqu’un d’autre de te dire que tu fais de la m*rde pour te faire culpabiliser toi, plutôt que de bouger son derrière pour vivre la même chose. Bref, "bien faire et laisser dire" s'applique donc pleinement dans ce cas-là :-)

- tu t'aperçois que l'expression « on sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on trouve » prend tout son sens.

- c'est à toi de t’adapter au pays dans lequel tu vas, et pas l'inverse... à ne jamais oublier pour une intégration optimale !

- ...

Qui dit partir dit aussi revenir à l'occasion de vacances (il y aurait plus à dire sur ceux qui reviennent définitivement), et là, tout un tas de choses (bonnes ou mauvaises) te sautent aux yeux et te forcent à tirer des conclusions malgré toi (d'où le bilan !) :

- tu constates, dépité(e), que certaines amitiés n'ont bel et bien pas tenu la distance... C'est dommage mais c'est comme ça.

- tu es enfin informé(e) de tous les potins desquels tu as été tenu(e) à l'écart pendant ton absence (et oui, il existe encore des gens qui ne racontent pas toute leur vie sur facebook!), tu fais la connaissance des nouveaux-nés, tu félicites en direct les jeunes mariés autour d'un verre, etc...

- tu te prends encore des reproches de la part des "jamais contents" et des jaloux. Re-bien faire et laisser dire, hein !

- tu confirmes que l'expression "on sait ce qu'on perd blablablabla" a réellement un sens et que finalement, ce que tu as trouvé ne te va pas si mal.

- bien que tu ne sois pas encore intégré à 100% dans ton nouveau pays, tu n'es plus 100% intégré à la France non plus, et de la même façon que c'était à toi de t'adapter à ton pays d'adoption, c'est à toi de faire l'effort de te réadapter à la France. Enfin, ce n'est pas bien compliqué : plains toi de tout, râle un peu, pousse des soupirs dès que tu attends plus de 30 secondes quelque part, et le tour est joué :-D

- tu redécouvres la France, quasiment avec les yeux d'un touriste : tu fais attention à des choses que tu n'avais jamais vues auparavant alors qu'elles ont toujours été là.

- il te faut quelques temps pour te réhabituer à entendre parler français tout autour de toi, et tu te plantes très souvent de langue pour dire "bonjour", "merci" et autres petits mots du genre...

- habitué(e) à faire l'effort de découvrir des spécialités culinaires de ton nouveau pays, tu te surprends à vouloir goûter ce que tu n'as jamais encore goûté de la gastronomie française.

Partir et revenir

- les défauts des français (français dont tu fais toujours partie, cela dit!) te sautent aux yeux, et donnent malheureusement raison à tout ce que tu peux entendre sur eux à l'étranger... mais c'en est presque drôle (j'en ferai même un article spécial "le français vu de l'étranger") !

Enfin, revenir en France, c'est surtout avoir le plaisir de passer du bon temps avec les proches que tu arriveras à voir, et ça implique de faire preuve d'une organisation exemplaire pour réussir à partager son temps entre tous, d'autant plus quand ceux-ci sont éparpillés dans plusieurs régions éloignées les unes des autres (c'est du vécu!). Attention, à vouloir voir tout le monde et donc, en se déplaçant d'un lieu à un autre alors que tu as déjà le voyage dans les pattes (surtout quand tu l'as fait en voiture), tu risques de revenir plus crevé qu'avant tes vacances et surtout, c'est frustrant pour tout le monde car le temps avec chacun est ultra limité. Mon conseil : en fonction de la durée de ton séjour, limite au maximum le nombre de lieux d'herbergements, idéalement dans des endroits pratiques d'accès pour toi, et où tu as un peu de monde que tu souhaites voir, et informe ceux qui habitent ailleurs de tes dates de présence à tel ou tel endroit afin que eux prennent leurs dispositions pour faire le reste du chemin. Tant mieux s'ils peuvent se déplacer jusqu'à cet endroit, tant pis si ce n'est pas le cas. Mais tu ne peux pas te faire un tour de France à chaque retour ! ;-)

Bref, pour conclure, dans le fait de partir, tout comme dans le fait de revenir, ya du bon, et ya du moins bon, mais revenir fait toujours partie des meilleures choses dans le fait de partir. C'est sûrement pour ça qu'un retour aux sources de temps en temps fait autant de bien !

Commenter cet article

Eschylle 02/07/2014 08:16

Changer de pays permet de changer de point de vue, et cette expérience-là vaut toutes les autres, car c'est ainsi que se développe la conscience.
Adopter une autre langue, une autre culture, un autre mode de vie permet de se transformer soi-même. Et qu'y a-t-i de plus riche, de plus instructif ?

Moi qui suis chat, siamois de surcroît, et qui vis ma troisième vie, avoir vécu sur des mondes différents, avec des rôles différents, j'affirme que ces expériences émerveillent la vie. Même si je n'ai plus les mêmes pouvoirs qu'autrefois (dans ma deuxième vie, quand j'étais un puissant mage), je trouve cette époque fantastique, avec cet outil de communication quasi-magique, qu'est internet.

Moi, ce à quoi j'ai le plus de mal à m'habituer avec les deux-pattes, c'est qu'ils manquent à ce point d'éveil à la perception de leur terre, de leur monde, c'est qu'ils sachent aussi peut respirer la vie... Ils sont toujours en guerre avec l'autre alors que le premier combat est à livrer en soi-même.

En tous cas, merci pour l'enthousiasme dont tu fais preuve ici, et que tu as déjà prouvé in vivo, avec ce passage par le Brésil, par exemple...
Que les joies de l'aventure et de la découverte t'accompagnent !

Jenzinha 02/07/2014 09:10

Entièrement d'accord avec tout ce que tu dis, "chat" ;-) Moi aussi je trouve que notre époque est quand-même géniale, avec Internet et tout ce qu'il a permis comme avancées. Il est ainsi moins difficile de partir loin des siens... en théorie ! Comme je le disais, malgré Internet, certaines amitiés ne tiennent pas... Mais peut-être que je ne prends pas le problème dans le bon sens, et que si ces amitiés ne tiennent pas, c'est simplement parce qu'elles n'étaient pas de réelles amitiés...?
Merci mille fois pour tes encouragements en tout cas !

Arc-en-ciel 01/07/2014 18:06

Comme je connais bien ce que tu racontes ici! Je suis russe vivant en France depuis 11 ans. Quand je retourne dans mon pays natal (ce n'est arrivé que 2 fois en 11 ans), il me semble étranger. Et c'est pareil pour les amis... malgré Internet... En même temps, en France il y a des choses difficiles à accepter, comme, par exemple, quand les gens rentrent chez toi en chaussures, car en Russie nous les laissons à l'entrée. Ou faire la bise aux gens que tu vois pour la première fois ou que tu connais à peine; ou quand il fait chaud et tout le monde transpire. Ou encore le fait que les gens ne se lavent pas les mains dans les restaurants et dans la cantine scolaire les lavabos n'existent pas. Comme tu vois, ce qui me choque est lié à l'hygiène. Mais, comme tu dis, c'est à nous d'accepter les habitudes du pays dans lequel on a choisi de vivre. A part ça, maintenant, c'est en France que je me sens chez moi et j'adooore ce pays que je continue de découvrir.

Jenzinha 01/07/2014 18:42

Merci pour ton commentaire très constructif et intéressant ! J'ignorais complètement ce truc des chaussures en Russie ! Je suis contente que la France te plaise, et que tu aies réussi à t'y faire ta place :-) Même si je n'habite plus en France, je reconnais que c'est un bien charmant pays, plein d'avantages. Mais ce n'est qu'en s'éloignant qu'on en prend conscience !
Ce que tu dis sur l'hygiène à la française ne me surprend pas, je crois que partout dans le monde, le français n'est pas vu comme quelqu'un de très propre ! Du moins, dans tous les pays que j'ai visités, c'est ce qui ressort de l'image du français !