Ces portugais d'ailleurs (3)

Publié le par Jenny

Salut lecteur !

On continue dans la série des portugais qui vivent hors du Portugal, avec le cas particulier de Gregory, qui n'est certes pas né au Portugal, mais qui a une histoire avec ce pays dans laquelle bon nombre de mes lecteurs pourront se reconnaître. 

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Gregory Henriques, j’ai 33 ans et je suis né à Strasbourg en France. Ma carrière est un peu particulière : j’ai un diplôme d’ingénieur Français et un Master Américain, ce qui m’a permis de mener une carrière internationale au sein de grand groupes tels que Mars (les chocolat Mars, M&Ms, ou Snickers) en France, en Grèce, et avec de nombreux voyages aux US, puis j’ai rejoint SABMiller (un géant de la bière en Afrique et en Amérique du Sud) basé à Londres et enfin Heineken basé à Amsterdam. Suite à ces 10 ans de progression en tant que chef de projet puis manager senior, j’ai décidé de suivre mon rêve et d’ouvrir ma propre entreprise dans un tout autre domaine : l’immobilier au Portugal.

Quel est ton lien avec le Portugal ? 

Le Portugal est avant tout une histoire de patrimoine familial et d’héritage pour moi, car mon grand-père était Portugais et mon père est né au Portugal et y a résidé jusqu’à l’âge de 6 ans. Ma mère est Française et j’ai vécu toute mon enfance en France.

Quand j’étais petit mes parents souhaitaient encourager notre réussite à l’école et pour ce faire ont préféré éviter de nous parler en 2 langues pour qu’on se focalise sur le Français. Ce fut un choix regrettable pour moi, mais auquel j’ai pu remédier à l’âge adulte où j’ai décidé d’apprendre le Portugais par moi-même. Pendant 2 ans, j’ai fait 2 leçons par jour chaque matin de façon régulière en utilisant l’application gratuite Duolingo. Ma famille Portugaise n’en revient toujours pas de me voir participer à leur conversations, je suis très heureux d’avoir pu rattraper ce “retard”, c’était un de ces objectifs que je me m’étais toujours fixé dans la liste « things I want to do before I die… » J

T’y rends-tu régulièrement ?

C’est assez intéressant comme histoire quand j’y repense, en tant qu’ainé de la famille j’ai toujours attaché beaucoup d’importance à ce que nos valeurs familiales soient protégées et perpétuées. C’est surtout aux alentours de mes 25 ans que j’ai ressenti le besoin de reconnecter avec une partie de moi qui restait inconnue jusqu’alors. Lors de mes visites au Portugal, je sentais cette partie revivre et je me sentais plus entier. C’est à cette période que j’ai décidé que j’irai au Portugal au moins une fois par an, pour voir ma grand-mère, tante et cousins sur place mais aussi pour connecter avec la culture Portugaise et apprendre.

C’est ainsi qu’en Avril 2013 ma femme et moi avons décidé de construire notre maison au Portugal, dans le coin où je passai mes étés étant petit.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce pays ?

Le Portugal pour moi c’est l’endroit où je me sens plus calme, plus relax, et où je vis une vie plus simple et sobre. Là-bas il n’y a pas besoin de grand-chose pour être heureux : un barbecue en fonte posé dans le coin d’une rue, quelques sardines grillées, un vin de table maison et une petite salade voilà tout. Je me retrouve beaucoup dans cet état d’esprit : je n’aime pas le chichi et je me contente de peu en général.

J’aime également l’authenticité et la sincérité des gens. Quand on vous aide, on le fait avec le cœur ; quand on travaille, on travaille dur ; quand on est fâché ou contrarié on le montre clairement et puis on passe à autre chose. Malgré le fait que j’ai grandi en France certains de mes comportements se rapprochent bien plus du côté Portugais que Français c’est étonnant.

Lors de la construction de notre maison j’ai été confronté à la réalité de la vie au Portugal et du niveau de service Portugais : il faut avouer sans vouloir faire de généralités que mon expérience fut assez décevante : services ultra lents, systèmes administratif complexe et fastidieux, un nombre interminable d’interlocuteurs, des dates incertaines qui changent jour après jour et la difficulté de faire confiance aux personnes avec qui on fait affaire.

Cela dit le résultat final est splendide et ma femme et moi adorons notre maison, mais ce fut une vraie galère de construire à distance. C’est d’ailleurs cela qui nous a donné envie de lancer notre entreprise d’accompagnement pour les Français qui souhaitent vivre au Portugal : on ne souhaite à personne de vivre ce genre d’expérience et de complications.

Je crois sincèrement que le Portugal a beaucoup de potentiel et manque simplement de managers, de communicants et de personnes organisées et structurées pour rassurer les clients et améliorer le niveau de service. C’est exactement ce qu’on va apporter au pays avec notre propre entreprise mais j’ai bien d’autres projets en vue pour la suite…

 

Ces portugais d'ailleurs (3)

Les portugais qui vivent hors du Portugal, ainsi que leurs descendants comme toi, ressentent un attachement très fort au Portugal. Saurais-tu expliquer cela ? 

J’ai grandi dans une banlieue et dans ma jeunesse on avait un peu honte de parler de notre côté « étranger », on essayait de le cacher. Je pense qu’avec l’âge et la prise de maturité les gens s’assument plus, en tout cas c’est mon cas, et par conséquent ils regardent davantage dans le miroir et partent à la découverte de qui ils sont réellement.

C’est un phénomène récurrent que j’observe beaucoup en tant que manager, les gens se posent des questions sur leur vie, sur leur rôle et sur leurs rêves, ils cherchent à grandir, à s’épanouir et à contribuer à la société d’une certaine manière. J’aime cette évolution générationnelle, selon moi ça va dans le bon sens.

En quoi va consister ton entreprise au Portugal ?

Notre but est d’accompagner les Français dans leur transition vers une vie (au moins partielle) au Portugal. On veut pourvoir apporter le soutien, les garanties et les conseils nécessaires à rendre ce changement considérable plus agréable et plus rassurant.

Pour cela on s’est focalisé sur 3 points clés : l’immobilier (vente de maisons, solutions financières, suivi sur place de l’avancement des constructions), les démarches administratives (imposition, santé, immatriculation de voiture, testament), et les services à la personne (nettoyage, jardinage, déménagement et emménagement).

Ma femme a lancé son blog où elle partage chaque semaine ses expériences de Françaises expatriée au Portugal, je vous invite à la lire à l’adresse : http://villaferia.com/blog

Ces portugais d'ailleurs (3)

Tu es né(e) au Portugal, ou tes parents sont portugais, et tu as envie de partager ton ressenti vis-à-vis du Portugal ? Contacte moi vite !

Commenter cet article

Adriane 05/06/2017 20:02

Coucou. Très bel article et très beau témoignage ! Le Portugal est un pays que je connais peu. Quand je pense à l’ouest de la France, c’est plutôt l’Espagne qui me vient en tête… Cela donne très envie de s’y rendre.

Jenny 07/06/2017 07:26

Sud de la France, plutôt, non ?

Angelilie 12/03/2017 14:40

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.